1) La mécanique d’un crédit conso suisse : un “budget théorique” imposé
En Suisse, l’organisme ne se base pas uniquement sur ce que toi tu dis pouvoir payer. Il fait un calcul de solvabilité avec un budget prudentialisé :
A) Revenus “retenus”
- salaire net (souvent sur 2–3 mois)
- 13e (souvent proratisé)
- bonus/commissions : parfois pris partiellement (car variables)
- rentes/allocations : selon stabilité
- indépendants : moyenne sur une période, parfois avec marge de sécurité
B) Charges “retenues”
- loyer / charges
- assurance maladie
- pensions
- impôts (souvent provisionnés)
- autres crédits / leasing
- cartes de crédit : parfois la limite est prise en compte “comme une charge potentielle”
-
- un forfait de frais de vie (même si toi tu vis frugal)
👉 C’est souvent là que les gens ne comprennent pas :
tu peux avoir l’impression d’être large, mais le calcul prudent te “resserre”.
2) Les registres / contrôles de crédit : pourquoi une demande “laisse des traces”
Sans entrer dans des détails techniques, retiens ceci :
- Les prêteurs utilisent des systèmes de contrôle pour éviter le surendettement.
- Trop de demandes rapprochées peut donner un signal “il cherche du cash vite”.
✅ Stratégie intelligente :
- faire une demande bien préparée plutôt que 5 demandes “test”.
- si tu compares, fais-le avec une approche structurée (pas en rafale).
3) Taux, durée, mensualité : comment décider “comme un pro”
Tu as 3 curseurs.
A) Choisir la mensualité d’abord
La meilleure stratégie : définir une mensualité confortable.
- si tu choisis le montant d’abord, tu risques de te mettre au maximum.
- si tu choisis la mensualité, tu construis un crédit “vivable”.
B) Durée : ne pas l’allonger juste pour “faire passer”
Allonger la durée :
- rend la mensualité plus facile
- mais augmente le coût total
- et peut donner un signal “budget serré”
C) Montant : demander juste
Beaucoup demandent “plus au cas où” → ça augmente le risque et peut faire refuser.
Mieux : demander le montant utile, et garder une marge via ton budget.
4) Le déroulé exact (et ce qui se passe en interne)
Étape 1 — Pré-analyse
L’organisme vérifie si ton profil rentre dans les critères de base :
- âge
- résidence / permis
- situation pro
- historique “global”
Si ça coince, c’est parfois un refus rapide.
Étape 2 — Analyse de solvabilité
On calcule :
- capacité de remboursement
- cohérence des pièces
- stabilité (emploi, domicile, historique)
Étape 3 — Décision + ajustement
Très fréquent : “accepté mais…”
- montant réduit
- durée différente
- parfois conditions de taux différentes
Étape 4 — Contrat + délai légal
Tu signes, puis tu as un délai légal de rétractation de 14 jours.
Dans la pratique :
- le versement intervient souvent après ce délai.
Étape 5 — Versement + prélèvement
Le prêt est versé.
Ensuite :
- mensualité fixe
- intérêts inclus dans la mensualité
- échéancier défini
Quand l’argent précède, toutes les portes s’ouvrent. William Shakespeare
5) Remboursement anticipé : ce que tu dois vérifier
En Suisse, tu peux souvent rembourser avant la fin, mais vérifie :
- si des frais existent
- comment l’intérêt est recalculé
- si ça réduit la durée ou la mensualité
👉 Question simple à poser :
“Si je rembourse 5’000 CHF dans 8 mois, comment ça modifie mon crédit ?”
6) Les 15 causes de refus (les vraies)
- poursuites / ADB / incidents récents
- budget trop serré selon calcul prudent
- emploi trop récent / période d’essai
- trop d’engagements existants (leasing + cartes + crédits)
- revenus variables non démontrés (commissions, indépendant)
- adresse instable / déménagements fréquents
- incohérences (fiches de salaire, charges non déclarées)
- demandes multiples rapprochées
- trop gros montant vs profil
- charges familiales élevées non prises en compte correctement
- carte(s) avec limites élevées
- contrat de travail à durée déterminée (selon cas)
- “reste à vivre” insuffisant
- pièces illisibles/incomplètes
- objectif flou + dossier mal présenté (ça arrive)
7) Comment optimiser ton dossier (sans “trucs”)
A) Rendre le dossier “facile à valider”
- PDF propres, lisibles, complets
- même adresse partout (contrat, fiches, etc.)
- expliquer toute anomalie (prime exceptionnelle, changement récent)
B) Stabiliser avant de demander si possible
- éviter une demande en période d’essai
- attendre 2–3 fiches de salaire stables si tu viens de changer
- régulariser une poursuite s’il y en a une (si possible)
C) Réduire les signaux de risque
- ne pas multiplier les demandes simultanées
- ne pas tirer au max un revolving/carte avant la demande
- éviter d’ajouter un leasing juste avant
8) Quand le rachat de crédit devient la meilleure option
Si tu as :
- 2–3 crédits
- un leasing + cartes
- une somme de mensualités lourde
alors un rachat/regroupement peut : - réduire la pression mensuelle
- simplifier (une seule échéance)
- rendre le budget plus stable
⚠️ À comprendre : la mensualité baisse souvent parce que la durée s’allonge.
9) L’outil le plus utile : ton “reste à vivre”
Fais ce calcul simple (même approximatif) :
Revenus nets
− loyer
− assurance maladie
− provision impôts
− transports / nourriture
− autres crédits / leasing
= reste à vivre
Ensuite :
- une mensualité saine = celle qui ne t’oblige pas à vivre “au millimètre”.
10) Mini guide selon ton profil (très pratique)
Salarié (profil standard)
Tu maximises tes chances avec :
- fiches de salaire stables
- charges cohérentes
- pas de demandes multiples
Indépendant
Tu maximises tes chances avec :
- historique de revenus prouvable
- déclarations/bilans propres
- approche prudente sur le montant
Permis B vs C
Sans entrer dans des règles rigides : plus ton statut est stable et ancien, plus c’est “lisible”.